68. De plus, nous n’avons pas d’âme (notre pensée est déterminée par les événements que subit notre organisme).

Définissons l’âme comme étant une partie de l’être humain qui ne dépend pas de la matière et qui, par conséquent, peut exister sans le corps. J’ai démontré que nos actions sont déterminées par nos émotions et donc, par le fait même, déterminées par la conjonction entre notre constitution biologique (nos besoins innés) et notre vécu. On peut donc penser les êtres humains sont uniquement des êtres matériels. À la base, ces êtres vivent des événements. Ces événements modifient la structure de leur cerveau. Ces modifications les amènent à ressentir telle émotion dans telle situation. Ces émotions les font agir. Ces actions causent d’autres événements, et le cycle se perpétue. Une description matérielle de l’être humain est amplement adéquate pour le définir. Bref, dans ma conception de l’être humain, il n’y a aucune place pour une quelconque forme d’âme.

Néanmoins, plusieurs personnes croient qu’il est nécessaire que l’âme existe, et ce surtout pour deux raisons. Examinons-les. Tout d’abord, il importe souvent de penser que nous avons une âme afin de justifier la possibilité de la liberté. L’argument va comme suit: le monde physique est souvent compris comme étant déterministe. Par conséquent, si nous ne sommes que des êtres physiques, nous sommes déterminés. Or, puisque nous sommes libres, il doit y avoir une âme. Pour ma part, j’ai démontré qu’il n’était pas si important de penser que nous sommes libres (no.43). En effet, même si nous sommes déterminés, nous devons continuer à nous croire libres, ce qui est suffisant. Puisque je n’ai aucune difficulté à admettre que je puisse être déterminé, il s’ensuit que je n’ai aucune difficulté à accepter que nous soyons seulement des êtres matériels.

Ensuite, il importe aussi souvent de penser que nous avons une âme afin de nous apaiser face aux diverses épreuves de la vie. Ainsi, il faut d’abord s’apaiser face à la mort, la nôtre autant que celle des autres. Par exemple, si notre enfant meurt, on peut s’apaiser en disant qu’il n’est pas vraiment mort puisqu’il aura une bonne vie dans l’au-delà. De plus, il faut aussi s’apaiser face aux injustices. Par exemple, on peut s’apaiser en se disant qu’une personne méchante qui ne subit jamais aucune punition sera assurément punie lorsque son âme sera jugée dans l’au-delà. Cela nous apaise. En ce qui me concerne, je crois que l’apaisement est un besoin de l’être humain qui peut être satisfait autrement que par la croyance qu’il existe une âme. Par exemple, on peut discuter de nos peines et frustrations avec nos amis et le sentiment d’être compris sera extrêmement apaisant. Bref, les principales raisons d’invoquer l’existence de l’âme ne sont pas suffisantes pour nous amener à penser que la description purement matérielle de l’être humain est inadéquate.

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