59. Normalement, le genre d’expérience relationnelle nécessaire à notre bien s’acquiert dans la relation optimale avec les parents.

Nos parents prennent soin de nous du mieux qu’ils peuvent. Cela veut dire qu’ils nous donnent à manger, à se vêtir, etc. Mais cela veut aussi, et surtout, dire qu’ils répondent à nos besoins d’attachement d’une façon qui permet de nous donner la force de satisfaire tous nos autres besoins. Beaucoup de nos maux psychologiques dérivent de ces relations insatisfaisantes avec nos parents. Donnons quelques exemples de cela.

D’abord, les parents sont vraiment responsables de la satisfaction du besoin d’être admiré. En effet, il est clair que tout le monde veut sentir que leurs accomplissements sont admirés par des personnes significatives. Cependant, pour les enfants, les personnes significatives sont d’abord et avant tout les parents. Les parents sont les idoles des enfants et ce sont donc surtout eux qui ont le pouvoir de répondre à ce besoin chez leur enfant. Par exemple, quand un enfant nous montre son barbouillage, il veut qu’on trouve cela beau. Il en a besoin, ça se voit dans ses yeux pleins d’espoir. Il ne sert à rien de vouloir lui dire la vérité. La vérité, il va l’apprendre par lui-même, plus tard. Pour l’instant, il veut sentir que l’on est fier de lui et c’est important qu’on le fasse. Plus on est positif et plus l’enfant aura le goût de continuer à s’exprimer (que ce soit en sport, en art, en mathématiques, etc.). Bref, les parents doivent répondre au besoin d’être admiré.

Ensuite, l’enfant a besoin de se sentir aimé et la meilleure façon de lui faire sentir cela est de veiller à tous ses besoins physiologiques. Or, cela implique souvent de mettre des limites. En effet, l’enfant qui n’est pas obligé de se coucher et qui est super fatigué le lendemain, qui a le droit de manger des cochonneries jusqu’à en être malade, etc., peut ne pas se sentir vraiment aimé. Comment quelqu’un qui m’aime pourrait-il me laisser me faire cela à moi-même? Cependant, comme je l’ai déjà dit (no.51), le blâme seul peut être contre-productif. Ce qu’il faut est que le blâme soit une manifestation d’amour. Comment? Quand on punit, par exemple, il n’est pas nécessaire que ça soit explosif et violent. On peut être ferme tout en étant calme et compréhensif. Ça risque d’être beaucoup plus efficace comme ça puisque c’est plus manifestement un blâme plein d’amour qu’un blâme plein de mépris. En résumé, les parents savent tous qu’il faut mettre des limites mais encore faut-il qu’ils sachent que ces limites servent aussi à combler un besoin d’amour chez leur enfant.

Finalement, nous pouvons penser au besoin de validation de ses états. En tant que parents, nous devons essayer de comprendre nos enfants et leur faire sentir que leurs états sont normaux et acceptables. Si l’enfant pleure parce qu’il ne veut pas quitter ses amis, les parents doivent lui montrer que c’est normal d’avoir de la peine. Cette dimension se voit encore mieux par rapport aux attentes que les parents ont envers leurs enfants. Ainsi, l’enfant n’a jamais demandé à venir au monde. Par conséquent, l’enfant ne doit rien à ses parents. L’enfant n’est pas là pour répondre aux besoins de ses parents. (Si les parents ressentent une certaine satisfaction de leur rôle, ce n’est qu’un bonus.) Si on met un enfant au monde, on lui donne une vie et cette vie, c’est la sienne. Conséquemment, l’enfant a droit à sa propre vie, à ses propres choix et notre rôle en tant que parent est de le soutenir dans sa voie. Si mon enfant devient comptable alors que je voulais qu’il soit médecin, s’il ne veut pas d’enfant alors que j’avais hâte de bercer mes petits-enfants, s’il est homosexuel alors que je suis hétérosexuel, s’il déteste la nature alors que je l’adore, s’il veut jouer au soccer alors que je voulais qu’il joue au hockey, etc., dans tous les cas, je dois l’accepter pour ce qu’il est et non le forcer à être ce que je voudrais qu’il soit. La pire chose à faire à notre enfant est de faire peser sur lui la honte de ce qu’il aime et de ce qu’il est. En effet, réellement, il est possible que le seul mal à long terme soit la honte. Par exemple, si j’ai de la peine parce que ma blonde m’a laissé, alors je souffre sur le moment mais ça finit par arrêter. Par contre, si j’interprète cette rupture comme étant le signe que je ne suis pas bon (donc je commence à avoir honte de moi), cela risque de durer pas mal plus longtemps. Donc, le rôle des parents est aussi de satisfaire chez leur enfant leur besoin de validation. Bref, le bien-être des enfants commence avec une relation nourrissante avec leurs parents, et ce non seulement par rapport aux trois aspects que je viens de décrire, mais aussi par rapport à bien d’autres aspects.

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