38. Cependant, le choix que nous faisons est toujours et seulement déterminé par l’émotion la plus intense.

Il est vrai qu’il faille choisir. Mais nous ne pouvons pas choisir n’importe quoi. Nous choisissons toujours l’émotion qui nous semble la plus forte. Cela revient à ce que je disais au sujet du principe de plaisir et de souffrance (no.23). C’est par le plaisir et la souffrance que les besoins sont comparables. Prenons un cas clair. Je me demande où aller en vacances. Supposons que j’ai deux choix: aller m’amuser à la plage ou aller m’amuser au dépotoir municipal (il paraît qu’ils ont des bons prix). Il est évident que je vais choisir d’aller à la plage. Pourquoi? Simplement parce que mes émotions m’indiquent que j’aurai beaucoup plus de plaisir sur la plage (autrement dit, j’ai l’impression que la plage satisfera beaucoup mieux mes différents besoins). En résumé, le choix que nous faisons est toujours fonction du plaisir que nous pensons avoir par ce choix: on essaie toujours de maximiser notre plaisir.

Nous venons de voir un cas où le choix est facile parce qu’une des options pèse beaucoup plus lourd dans la balance du plaisir. Revenons maintenant à notre cas de gâteau. Dans ce cas-ci, le choix est plus difficile et c’est pour cela qu’il y a un conflit interne. En effet, d’une part, certaines émotions m’indiquent que négliger mon besoin d’être apaisé par le sucre donnerait pas mal de souffrance. Cependant, d’autre part, certaines émotions me rappellent qu’engraisser, et ainsi négliger mon besoin d’être admiré, me donnerait aussi pas mal de souffrance. Je vis cette situation comme un conflit parce que mes émotions sont presque équivalentes en termes de plaisir et souffrance anticipés.

Ce qui se produit alors est que j’ai tendance à analyser les détails de chaque situation. Ces analyses me permettent de préciser le plaisir qui pourrait être apporté dans chaque cas. Par exemple, il se pourrait que, soudainement, je me rappelle qu’une personne en qui j’ai confiance m’a dit que le gâteau que j’hésite à manger est très léger en gras, et donc que le risque d’engraisser est très faible (comme je l’ai dit (no.12), cette confiance fait que je crois cette information). Le fait que je me rappelle de cela maintenant changerait totalement mes émotions: ma peur d’engraisser serait beaucoup moins forte. Par conséquent, mon envie d’être apaisé prendrait finalement le dessus: je mangerais alors le gâteau. À l’opposé, si je me rappelle que la personne qui m’a dit que le gâteau est faible en gras dit souvent n’importe quoi, ma peur d’engraisser pourrait revenir à son niveau d’intensité initial et alors le conflit continuerait. De la même façon, si, pendant que je délibère, j’apprends que ma mère hospitalisée vient d’être transférée aux soins palliatifs (et donc qu’elle n’en a plus pour longtemps à vivre), il est fort possible que cela renforce considérablement mon besoin d’être apaisé et que je finisse par choisir de me laisser aller à un autre morceau de gâteau. Bref, dans les cas de conflits, ce qui se produit est que nous sommes les témoins d’un processus de comparaison entre les différentes possibilités et, à la fin, le conflit se résout comme dans tous les autres cas: on «choisit» l’option qui nous promet le plus grand plaisir.

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