28. Maintenant, l’émotion est un candidat possible de la cause de l’action car elle contient un élément pouvant jouer le rôle de désir fondamental (à savoir les besoins innés).

Jusqu’à présent, j’ai identifié deux composants nécessaires de toute action, le désir et l’idée des moyens, puis j’ai montré que le désir provient toujours d’un désir fondamental. La question qu’il faut maintenant poser est celle de savoir ce qui, concrètement chez l’être humain, peut jouer les rôles de désir fondamental et d’idée des moyens (puisque les désirs non-fondamentaux dérivent de la conjonction de ces deux là, je n’ai pas besoin de les examiner directement mais ce que je vais démontrer s’applique aussi à eux). Je vais commencer par le désir fondamental. Je vais démontrer que la motivation à l’action par les états affectifs contient un élément qui joue le rôle de désir fondamental. (Cependant, pour alléger le texte, je vais utiliser le mot «émotion» au lieu d’«état affectif». Puisque tous les états affectifs fonctionnent de la même façon, je pense que l’on pourra excuser ce raccourci.)

Dans mon exemple du point précédent, le désir fondamental de l’action d’étudier en philo était de minimiser la souffrance. Le lien avec les émotions est clair. En effet, on a terminé l’examen des émotions en montrant que le principe de plaisir et de souffrance était au fond de toute émotion: les émotions sont des suggestions de manières de maximiser son plaisir ou de minimiser sa souffrance. Le parallèle est évident: le désir fondamental de notre exemple (minimiser la souffrance) est identique au principe à la base de la motivation émotionnelle (le principe de maximisation du plaisir et minimisation de la souffrance). On peut donc facilement affirmer que la motivation à l’action par l’émotion contient effectivement un élément qui peut jouer un rôle de désir fondamental.

Le parallèle permet d’aller encore plus loin. Dans l’analyse des émotions, nous avons vu que le plaisir est produit par la satisfaction d’un besoin inné. C’est par le principe de plaisir et de souffrance que l’on peut comparer les besoins afin de savoir lequel est le plus urgent. Or, on peut encore voir cette même relation ici, avec les causes théoriques de l’action. Le désir qui suit immédiatement le désir fondamental (dans mon exemple, c’était le désir de fuir mes angoisses) est le moyen de satisfaire le désir fondamental (qui était dans l’exemple de diminuer ma souffrance). Autrement dit, dans mon exemple, c’est en fuyant mes angoisses que je pense minimiser ma souffrance. Selon la comparaison que j’essaie d’établir, puisque fuir mes angoisses est un moyen de minimiser ma souffrance, cela serait donc un besoin inné. Or, il est d’après moi exact de prétendre que la fuite des angoisses soit un besoin inné. Cela correspond aux besoins de sécurité émotionnelle qui étaient dans la catégorie des besoins d’attachement. En résumé, il n’y a aucun doute que le désir fondamental de l’action puisse provenir de la motivation à l’action par l’émotion.

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