23. Au fond, le principe de base de la hiérarchisation des besoins est celui du plaisir-souffrance.

Pour un individu donné, les besoins peuvent être plus importants que d’autres de façon plus ou moins permanente. Cependant, le plus souvent, ils sont plus importants que d’autres de façon temporaire. Je parle ici de la fluctuation de nos besoins, instant par instant. Si ça fait dix heures que je n’ai pas mangé, mon besoin de nourriture va être vraiment plus important que les autres. Cependant, une fois ce besoin assouvi, j’ai peut-être le goût de lire un livre (le besoin d’exploration est arrivé à l’avant-plan). Après un temps, c’est peut-être le besoin de faire pipi qui prend le dessus. Au retour, je pense à mon ami et le besoin d’attachement prend le dessus, alors je l’appelle. Bref, de façon générale, pour un individu donné, les besoins forment un système en mouvement où l’urgence de chaque besoin varie dans le temps et selon les situations.

Cependant, le fait qu’un individu puisse établir un ordre de priorité dans ses besoins, que cet ordre soit permanent ou temporaire, implique que tous les besoins doivent pouvoir être comparés. Il faut qu’il y ait une échelle commune à partir de laquelle on pourra juger que tel besoin est plus important que tel autre. Sans une telle échelle, on ne pourrait jamais avoir l’impression qu’un besoin est plus urgent qu’un autre car ils ne pourraient pas être directement comparés. Or, ce point de comparaison est le principe de plaisir et souffrance. Par exemple, si mon besoin de manger me semble prioritaire en ce moment, c’est que la faim que je ressens représente une souffrance plus grande que la souffrance que j’imagine avoir en faisant patienter mes autres besoins. Autre exemple: supposons que je parle avec une personne et que j’en oublie tout le reste. Si, dans cet exemple, mon besoin d’attachement me semble prioritaire, c’est que jaser avec cette personne me procure plus de plaisir que le plaisir que j’imagine avoir en priorisant mes autres besoins. En résumé, c’est le principe de plaisir et souffrance qui permet la comparaison entre tous les besoins. (Il faut ici noter que «plaisir» n’est pas un synonyme «d’amusement». Je vais revenir là-dessus plus tard (no.41)).

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