78. Vouloir participer à la démocratie implique aussi une bonne éducation citoyenne de même qu’une bonne santé psychologique.

Nous venons de voir que subir des mauvaises institutions politiques peut enlever le goût de participer à la démocratie. Cependant, pour beaucoup de personnes, le goût de participer n’a simplement jamais été inculqué. Ces personnes se disent souvent que leur vote ne fait aucune différence. Ici, renverser cette tendance implique aussi donner de l’éducation mais une éducation différente de celle discutée plus haut (no.74). Ici, il s’agit de ce qu’on pourrait appeler de la sensibilisation. Il faut sensibiliser les gens au pouvoir réel qu’ils détiennent. En effet, dans tous les cas, moins de participation n’est jamais la solution à un problème démocratique. La solution est plus de participation. Si le système électoral ne nous satisfait pas, il faut en parler, écrire des lettres ouvertes, rencontrer nos représentants, se rassembler pour manifester notre désaccord, etc. Ce type de sensibilisation commence à la maison. De fait, en général, les enfants de parents politisés sont eux aussi politisés. Ils croient en leur capacité de faire bouger les choses. Ils ont des idées quant aux moyens possibles pour y arriver. Bref, donner le goût de participer implique sensibiliser les gens au pouvoir qu’ils détiennent.

Cependant, dans beaucoup de cas, l’obstacle à la volonté de participer est un sentiment de mal-être psychologique. En effet, quelqu’un qui se sent déprimé pense rarement au prochain scrutin. Quelqu’un qui se sent diminué dans ses capacités ne pense généralement pas qu’elle pourrait écrire une lettre qui pourrait avoir un impact. Quelqu’un qui ne se sent pas aimable ne pense habituellement pas à aller cogner à la porte de son représentant afin de le convaincre d’une politique à adopter. De fait, il est assez remarquable que le sentiment d’avoir du pouvoir est relié à la bonne santé psychologique. Ainsi, les personnes déprimées, par exemple, sont reconnues comme ayant une vision particulièrement réaliste de leurs capacités. À l’opposé, la santé psychologique est très près d’un sentiment de son propre pouvoir qui semble démesuré. Cependant, appliqué à l’ensemble de la population, cela devient vrai. Ainsi, un peuple qui pense qu’il a tous les pouvoirs a effectivement tous les pouvoirs (en ce sens qu’il sera motivé à tout faire pour l’avoir et le garder). Ce sentiment n’est donc pas réellement démesuré. En résumé, dans tous ces cas, il faut d’abord penser à fournir à chacun une bonne santé psychologique (soit par un rôle de parent suffisamment bon, soit par une psychothérapie adéquate) et une bonne éducation avant d’espérer une participation maximale au processus démocratique.

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