63. a) D’abord, la méchanceté est la conséquence de besoins non comblés et/ou d’une éducation déficiente (personne ne veut fondamentalement faire du mal aux autres).

Comme première conséquence sociale, je pense qu’il est primordial de souligner que personne ne veut fondamentalement faire du mal aux autres. En effet, cela est une conséquence immédiate de tout ce que j’ai défendu jusqu’à présent. Ce qui nous motive à agir est uniquement la satisfaction de nos besoins innés. Tout le monde veut seulement être aimé, se sentir compétent, réguler ses exigences physiologiques ou encore avoir des relations sexuelles. Cela implique que toutes les actions mauvaises qui sont commises ne sont que des moyens de satisfaire un ou l’autre de ces besoins. Évidemment, nos besoins aversifs nous mènent à poser des gestes de défense afin de signaler aux autres que nos besoins ne sont pas comblés. Or, ces défenses ont souvent l’air d’être de la méchanceté. Par exemple, quand un enfant va briser le jouet d’un autre pour se venger, il a vraiment l’air méchant. Cependant, ce geste n’a pas pour but fondamental de faire du mal. Il a pour but fondamental d’amener son propre bien. Pour éviter la méchanceté, le tout est de trouver des bons moyens d’amener son propre bien. Par conséquent, la méchanceté dont on peut être témoin n’est jamais fondamentalement inévitable. Elle est toujours la conséquence d’événements pour lesquels une alternative est possible. Donnons quelques exemples de cela.

Tout d’abord, on pourrait penser aux enfants intimidateurs. Clairement, ces enfants exhibent des comportements méchants. Ils insultent, frappent ou taxent d’autres enfants. Ma thèse est que ces comportements sont la conséquence d’un apprentissage déplorable. Ces enfants ont des besoins à combler et, ne trouvant pas de réponses adéquate ailleurs, se tournent vers l’intimidation pour y arriver. Par exemple, dans ma jeunesse, il m’est arrivé de faire de l’intimidation. Pourquoi? Simplement parce que j’avais appris que c’était une bonne façon de faire rire les autres. J’avais besoin de me sentir apprécié et c’est un moyen que j’ai trouvé. Évidemment, si j’avais eu d’autres sources de réponses à mes besoins, je n’aurais pas eu recours à ces moyens. Par ailleurs, si j’avais appris, de façon émotive, que rire des autres n’est pas un bon moyen de répondre à mes besoins, je n’y aurais pas eu recours. Il y a donc, dans ma situation, un aspect lié à la santé (besoins non comblés) et un aspect lié à l’éducation (les bons moyens non appris). Pour le moment, je me contente de conclure que, dans ce cas, la méchanceté n’est pas fondamentale ni inévitable.

Ensuite, on pourrait aborder le cas des tueurs. Tuer une autre personne est sans aucun doute une des pires actions possible. Pourtant, je prétends que les tueurs ne sont pas des êtres méchants. Eux aussi veulent satisfaire leurs besoins mais, malheureusement, à cause d’une multitude de raisons explicables par leur vécu, ils n’ont pas trouvé de meilleurs moyens d’y arriver. D’une part, souvent, les tueurs sont des personnes qui ont vécu des événements les menant à éprouver un faible niveau d’empathie pour les autres êtres humains. Examinons comment cela peut arriver. D’abord, le meurtre est l’expression d’un besoin aversif. Comme je l’ai dit (no.20), les besoins aversifs visent à exprimer aux autres qu’un autre de nos besoins est brimé. Maintenant, quand une personne est rejetée par ses semblables, une des réponses possibles est de vouloir se protéger en dénigrant les autres. Au fond, ses besoins aversifs la mènent à vouloir préserver son sentiment d’être une personne qui peut être aimée, une personne qui a de la valeur (ce qui est un besoin d’attachement) en posant que les personnes qui la rejettent ne sont pas des personnes dignes d’intérêt et donc que leur avis ne vaut rien. Cependant, lorsque le rejet provient des personnes les plus importantes (souvent les parents), la personne n’a aucunement le sentiment d’être une personne aimable et, dans ce cas, le réflexe de protection finit par être généralisé: puisque la personne croit que le genre humain au complet ne vaut rien, elle n’a aucune empathie pour ses semblables. C’est ce genre d’expérience qui forme la base de la psychopathie. Bref, d’une part, le meurtre s’appuie souvent sur des expériences souffrantes menant à un faible niveau d’empathie (pas nécessairement aussi extrême que la psychopathie).

Cependant, d’autre part, le meurtre s’appuie aussi souvent sur une éducation émotionnelle déficiente. Par exemple, un individu pourrait tuer parce que sa blonde ne veut plus de lui. Évidemment, comme je viens de le dire, si l’individu s’était senti aimable par ailleurs, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas tué. Par contre, comme je l’ai aussi déjà dit (no.50), la satisfaction des besoins aversifs est un point très délicat pour lequel une bonne part d’éducation est nécessaire. De fait, si, depuis son plus jeune âge, l’individu avait été éduqué de façon à ressentir que faire du mal aux autres est inconcevable, il n’aurait sûrement pas tué non plus. En effet, ce genre d’éducation aurait influencé ses émotions de telle sorte que celles-ci ne lui auraient jamais suggéré un tel acte. Quoi qu’il en soit, le point central ici est que les meurtriers ne sont pas des méchants. En résumé, quand on commet des actes méchants, c’est parce qu’on a des besoins qui n’ont pas été comblés et/ou qu’on a reçu une éducation déficiente et cela fait qu’on a recours à des moyens antisociaux pour essayer de combler nos besoins.

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