12. Les associations peuvent provenir de l’expérience directe mais aussi indirecte (l’expérience que les autres partagent avec nous).

Les associations proviennent souvent d’une expérience vécue. Cependant, il est important de noter que les associations que nous formons ne sont pas toujours le fruit de l’expérience directe. Elles sont souvent le fruit des croyances transmises par des personnes qui nous entourent. Lorsque nous intégrons ces croyances, on peut dire qu’elles sont le fruit d’une expérience indirecte. Il y a au moins deux facteurs qui expliquent pourquoi on intègre une croyance donnée.

D’abord, on croit ceux en qui nous avons confiance. Cela est très bien illustré par l’expérience de la falaise visuelle. Dans cette expérience, un bébé est posé sur une table longue et, au bout de la table, la mère l’encourage à ramper jusqu’à elle. Le bébé commence donc à ramper jusqu’à ce qu’il atteigne une partie de la table qui est vitrée. De son point de vue, cela est comme une falaise et il ne sait pas comment réagir à ce stimulus; autrement dit il n’a pas d’instruction relative à cette falaise. C’est ici que ça devient intéressant. À ce moment, le bébé regarde sa mère et l’expression sur le visage de celle-ci déterminera quelle association, puis quelle instruction, seront créées. Si la mère a un visage souriant, alors le bébé traversera la falaise sans crainte. À l’opposé, si elle a un visage apeuré, alors le bébé à son tour associera la falaise au danger et refusera de traverser. Cette expérience démontre donc que l’on se fie sur les personnes en qui nous avons confiance pour savoir quoi penser du monde qui nous entoure. Par ailleurs, il est important de comprendre que ce phénomène est omniprésent. Nos parents, nos professeurs, nos amis, les journalistes, toutes les personnes en qui nous avons confiance sculptent les associations que nous faisons concernant les objets qui nous entourent.

Cependant, parfois ce n’est pas la confiance qui est le facteur principal qui explique pourquoi nous intégrons ou non une croyance. L’autre facteur est la cohérence avec notre expérience directe. Quand nous avons l’impression qu’une croyance fait du sens, c’est de cela qu’il s’agit: la croyance est cohérente avec l’ensemble de nos associations. À l’opposé, si une phrase semble aller à l’encontre des associations que nous avons déjà faites, nous allons avoir tendance à la rejeter. Elle ne fera pas de sens. Par exemple, en tant que joueur de jeux vidéo, je ne crois pas les études qui prétendent avoir démontré un lien entre les actes de violence et les jeux. En effet, mon expérience me mène à croire que les jeux vidéos n’augmentent pas les tendances violentes. Cela ne fait pas de sens pour moi. Pour expliquer la violence, j’ai donc tendance à mettre plus de poids sur d’autres facteurs (comme la santé psychologique). Donc, quoi qu’il en soit des effets des jeux vidéo, une croyance a plus de chances d’être intégrée si elle est cohérente avec notre expérience directe. En résumé, les associations peuvent provenir de l’expérience indirecte, par le biais des processus de confiance et de cohérence.

Il convient cependant de noter que les deux processus peuvent donner des croyances contradictoires. En effet, les conclusions que nous tirons de notre expérience directe ne se manifestent que sous la forme des émotions que cette expérience crée. Or, il est facile de ne pas être très attentif au ressenti qui est le nôtre et donc de ne pas prendre conscience de ces conclusions. Par ailleurs, nous ne cessons pas d’être influencés par notre entourage. Conséquemment, les gens en qui nous avons confiance peuvent nous amener à épouser des croyances qui sont contradictoires avec celles qui proviennent de notre expérience directe. Par exemple, un enfant peut se faire dire que l’ami avec qui il a beaucoup de plaisir n’est pas une bonne personne. Dans ce cas, cet enfant a en lui deux niveaux de croyances par rapport à son ami: d’une part, un niveau émotif qui lui fait croire que c’est une bonne personne, et, d’autre part, un niveau déclaratif qui lui fait croire que c’est une mauvaise personne. Ces deux niveaux sont en contradiction mais ces contradictions peuvent coexister dans la mesure où il est fort possible que l’enfant ne soit pas conscient du niveau émotif de ses croyances. Je reviendrai plus tard (no.58) sur les conséquences de ces incohérences quant au bien-être. Pour l’instant, il suffit de souligner qu’il faudrait que l’enfant prenne conscience de cette contradiction pour pouvoir réduire l’incohérence qui est la sienne.

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